Compte à terme entreprise : fonctionnement, taux et fiscalité en 2026

Le compte à terme reste le placement préféré des dirigeants qui souhaitent faire travailler leur trésorerie excédentaire sans prendre de risque. Simple à comprendre, garanti en capital et sans frais dans la plupart des cas, il s’adresse aussi bien aux TPE qu’aux grandes entreprises. Encore faut il bien en maîtriser les mécanismes, connaître les taux en vigueur et anticiper la fiscalité qui s’applique selon le régime d’imposition de la société.

Compte A Terme Entreprise
Mathieu Barthelemy
Par Mathieu BARTHELEMY Modifié le 30/03/26 à 10:27

Comment fonctionne un compte à terme pour entreprise ?

Le principe est straightforward. L'entreprise dépose une somme auprès d'un établissement bancaire pour une durée déterminée, allant généralement d'un mois à sept ans. En contrepartie de cette immobilisation, la banque verse des intérêts à un taux fixé dès la souscription. À l'échéance, l'entreprise récupère son capital majoré des intérêts.

Trois types de comptes à terme coexistent sur le marché. Le CAT à taux fixe offre une rémunération constante pendant toute la durée du placement. Le CAT à taux progressif propose une rémunération qui augmente par paliers, trimestre après trimestre ou année après année, ce qui incite à maintenir les fonds jusqu'à l'échéance pour bénéficier du meilleur rendement.

Enfin, le CAT à taux variable, indexé sur un indice de référence comme l'Euribor, fait varier la rémunération en fonction de l'évolution des marchés monétaires.

Quels taux pour les comptes à terme entreprise en 2026 ?

Après avoir atteint des niveaux très attractifs en 2024 (entre 3 % et 4 % brut), les taux des comptes à terme ont amorcé une baisse progressive. En 2026, les meilleurs CAT professionnels affichent des rendements compris entre 2,20 % et 2,65 % brut annuel selon la durée choisie. Un CAT à 3 mois se situe autour de 2,10 %, tandis qu'un engagement sur 5 ans peut atteindre 2,65 %.

Cette évolution s'explique par la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne, qui a entamé un cycle de baisse de ses taux directeurs depuis juin 2024, ramenant le taux principal à 2 % mi 2025. Malgré cette décrue, les comptes à terme conservent un avantage net par rapport aux comptes courants non rémunérés et aux livrets professionnels dont les rendements dépassent rarement 1 %.

Faut il privilégier un CAT court ou long terme ?

La réponse dépend entièrement de la visibilité dont dispose le dirigeant sur ses besoins de trésorerie. Si l'entreprise anticipe un investissement ou un décaissement important dans les six prochains mois, un CAT de courte durée reste préférable, quitte à accepter un taux légèrement inférieur. Pour des excédents stables dont on n'a pas l'usage avant plusieurs années, un CAT long terme permet de verrouiller un rendement plus intéressant.

Une stratégie souvent recommandée consiste à échelonner les placements en ouvrant plusieurs CAT avec des échéances différentes. Cela permet de disposer régulièrement de liquidités arrivant à maturité tout en profitant de taux progressifs sur les tranches les plus longues.

La fiscalité du compte à terme en entreprise

Le traitement fiscal des intérêts perçus varie selon le régime d'imposition de l'entreprise.

Pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), les intérêts du CAT sont intégrés au résultat imposable de l'exercice au cours duquel ils ont couru. Ils sont donc taxés au taux normal de l'IS, soit 25 % pour le taux plein, ou 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour les PME dont le chiffre d'affaires reste inférieur à 10 millions d'euros et dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Pour une entreprise soumise à l'impôt sur le revenu (IR), comme une EURL ou une société de personnes, les intérêts sont imposés directement entre les mains des associés. Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) s'élève à 31,4 %, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les associés peuvent toutefois opter pour le barème progressif de l'IR si leur taux marginal d'imposition est inférieur à 12,8 %.

La garantie des dépôts : quelle protection pour l'entreprise ?

Les fonds placés sur un compte à terme sont couverts par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) à hauteur de 100 000 € par entreprise et par établissement bancaire. Les personnes morales (SARL, SAS, SA, etc.) bénéficient de cette protection au même titre que les particuliers.

Pour les entreprises disposant de trésoreries excédentaires importantes, cette limite impose de diversifier les établissements dépositaires afin de maximiser la couverture en cas de défaillance bancaire. Placer 300 000 € auprès de trois banques différentes offre une protection complète, alors que déposer la même somme dans un seul établissement ne garantit que le tiers du montant.

Comment choisir le bon compte à terme ?

Au delà du taux affiché, plusieurs critères méritent attention. Les conditions de sortie anticipée varient fortement d'une banque à l'autre : certains établissements autorisent un retrait sous 32 jours avec une simple réduction d'intérêts, tandis que d'autres appliquent des pénalités plus sévères, voire annulent totalement la rémunération.

Le montant minimum de souscription constitue un autre point de comparaison. Certaines banques exigent un dépôt initial de 150 €, d'autres fixent le plancher à 50 000 € pour les offres professionnelles les plus compétitives. La qualité du service client, la simplicité de souscription (en ligne ou en agence) et la possibilité d'ouvrir plusieurs CAT simultanément complètent les éléments de décision.

Enfin, il est toujours pertinent de comparer le taux annuel brut avec le TRAAB (Taux de Rendement Annuel Actuariel Brut) lorsque les durées et les modalités de versement des intérêts diffèrent. C'est le seul indicateur qui permet une comparaison fiable entre des offres aux caractéristiques hétérogènes.

Mathieu Barthelemy

Mathieu Barthélemy accompagne les créateurs d'entreprise dans leurs démarches juridiques, allant de la sélection du statut juridique à la gestion des obligations réglementaires, en fournissant des conseils pratiques et adaptés aux besoins de chaque entrepreneur.